Édito

Présenter cette première saison est pour moi un immense honneur. Je l’aborde avec beaucoup d’humilité, attentive à l’histoire singulière de cette maison, mais aussi à la place qu’elle occupe aujourd’hui dans le paysage parisien et national des arts de la marionnette.

Cet héritage m’engage à poursuivre le chemin entrepris par les femmes et les hommes qui, avant moi, ont commencé à écrire l’histoire de la marionnette à Paris. Je m’inscris pleinement dans cette histoire, portée par le désir autant que par la conviction de la prolonger, de la déplacer et d’ouvrir, avec douceur, de nouvelles perspectives.

Ce centre de la marionnette à Paris, je l’ai imaginé comme un épicentre — entendu comme un lieu d’impulsion et de convergence —, un lieu d’art ouvert et poreux qui rayonne. Je n’oublie pas l’idée d’une nouvelle salle, adaptée aux ambitions artistiques de la profession, qui demeure en filigrane de ce projet et à laquelle nous devrons continuer à travailler ensemble. Mais, en attendant, il nous faudra dessiner les contours d’un projet renouvelé qui place le Centre national de la marionnette à Paris au cœur des circulations d’aujourd’hui : celles des esthétiques et des pratiques profondément hybrides et transversales, dans une dynamique de coopérations croisées avec les artistes, les structures parisiennes et franciliennes et les publics.

Cabaret, théâtre d’objets, ombres, images animées, marionnettes portées, formes miniatures ou aériennes : cette saison fera dialoguer les héritages de la marionnette avec les écritures les plus contemporaines. Elle rassemblera des artistes au parcours affirmé et des voix émergentes, au Mouffetard comme hors les murs, avec notamment les spectacles de Johanny Bert, BLind SumMiT Theatre, Sophie Laloy, Katerini Antonakaki, Phia Ménard, Les Anges au Plafond, Lionel Dray et Clémence Jeanguillaume. Et notre soutien à la création se traduira par l’accueil en résidence de douze équipes artistiques.

Cette saison s’inscrit également dans une dynamique de nouvelles solidarités artistiques et institutionnelles. Plusieurs rendez-vous hors les murs sont le fruit de partenariats avec des théâtres parisiens : le Théâtre du Rond-Point, le Théâtre de la Bastille et le Théâtre Silvia Monfort. En complicité avec le Pôle international de la Marionnette – Jacques Félix, nous accueillerons les élèves de la 14e promotion de l’École nationale supérieure des arts de la marionnette de Charleville-Mézières à l’occasion des 40 ans de l’école. Et dans le cadre de la Saison France–Pologne, nous inaugurerons avec le Białostocki Teatr Lalek une coopération appelée à durer.

J’ai confiance en cet art et en son avenir, car je crois en sa capacité à surgir et à se rendre nécessaire quand les mots ne suffisent plus à dire ou à faire entendre l’indicible. À nous d’être à la hauteur de ses possibilités.

Aurelia Ivan, septembre 2026.